vendredi 6 juin 2008

- Université RENNES 2

Les étudiants et enseignants de Rennes 2
mercredi 19 mars 2008, par Comité SLAP

Information : la lettre ci-dessous vient d’être mise en circulation parmi les enseignants et les étudiants de Rennes 2
En réponse et en soutien à la Lettre de Gisèle Grammare.
Les enseignants et étudiants soussignés, ayant été informés de la lettre ouverte de Gisèle Grammare, professeur à l’université du Paris 1, adressée au ministre de l’éducation, Monsieur Xavier Darcos, à Madame Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, et à Madame Christine Albanel, ministre de la Culture, approuvent et soutiennent pleinement cette initiative.
Ils estiment en effet, que la situation est préoccupante et ce, à plusieurs niveaux :
À un niveau général d’abord : s’il se confirmait que « la mise en place de Masters professionnels des métiers de l’enseignement » devait « remplacer les Concours de C.A.P.E.S et d’Agrégation du second degré » ce serait un coup très grave porté contre le statut de la fonction publique et contre le caractère national et républicain de l’enseignement. Un tel coup, dirigé contre toutes les disciplines, porterait de surcroît atteinte à une des missions essentielles de l’université : préparer aux concours nationaux, notamment à l’Agrégation. Au niveau spécifique des Arts Plastiques ensuite, car on peut craindre que cette discipline ne soit menacée dans son existence même.
Nous ne croyons malheureusement pas exagérer le danger : le communiqué officiel du conseil des ministres du 30/01/08 ne peut que nous conforter dans nos inquiétudes. Nous y apprenons la décision d’instaurer un « enseignement des arts » au collège.
À première vue nous ne pourrions que nous réjouir d’une telle initiative qui devrait se traduire logiquement par des horaires supplémentaires et par un recrutement augmenté d’enseignants qualifiés (plus de postes mis en concours), surtout si l’on sait que, « au collège, en particulier, l’histoire des arts représentera un quart du programme d’histoire et la moitié des programmes d’éducation musicale et d’arts plastiques ». Mais la lecture du communiqué ministériel montre qu’il n’en est rien. À l’inverse, il est envisagé la dilution de cet enseignement dans un panel de disciplines : « Un enseignement d’histoire des arts sera intégré aux programmes d’histoire, de lettres et de langue, dès la rentrée 2009 pour l’école primaire, et en 2009-2010 pour le collège et le lycée ». Quant à la « pratique artistique », elle devrait être « renforcée » mais nullement par une extension de son « enseignement » assurée par des enseignants statutaires dont la compétence aura été vérifiée. Le communiqué précise : « La pratique artistique sera également renforcée à l’école et hors de l’école, notamment au sein des activités menées dans le cadre de l’accompagnement éducatif des élèves après 16 heures ». En clair, nous passerions d’un concept « d’enseignement » à celui « d’activités » (au pluriel, remarquons le), qui ne dépendront plus obligatoirement de l’école publique (elles pourront avoir lieu « hors de l’école » et « après 16h ») et qui s’appuiera, non sur des enseignants qualifiés, mais sur « un accompagnement éducatif », formule vague au contenu indéterminé. Le communiqué le précise d’ailleurs, cet accompagnement sera délégué aux « collectivités territoriales »… Autrement dit, il sortirait bien de l’école proprement dite et ne relèverait plus d’une discipline enseignée.
La signature le 13/02/08 par le ministre Xavier Darcos d’une convention pluriannuelle entre le ministère de l’Éducation Nationale, le ministère de la Culture et de la « Fondation Culture et Diversité » confirme cette orientation. Le communiqué, qui en rend compte, indique : « Une première illustration de cette convention réside dans la mise en place du programme de la Fondation visant à aider des jeunes, scolarisés dans des établissements relevant de l’éducation prioritaire, à poursuivre des études supérieures en Ecoles d’art ». Nous n’examinerons pas ici, le contenu de cette initiative. Nous nous bornerons à constater que des tâches qui relèvent normalement de l’enseignement public sont déléguées, pour être sous-traitées, à une entreprise privée. Remarquons encore que, pour sa mission de « formation », la Fondation ne fera pas appel à des enseignants, mais à des élèves de l’École du Louvre qui l’assureront dans le cadre de stages, c’est-à-dire gratuitement. Sans commentaires…
Oui, comme le dit la lettre de Gisèle Grammare, la question est bien de « sauver les Arts Plastiques » en tant que discipline enseignée.
Elle est peut-être aussi, plus généralement, de défendre le principe d’un enseignement indépendant.
Pour contact : Philippe Marcelé ph.marcele@orange.fr

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